Greffe osseuse autogène
Reconstruire l’os avant la pose d’un implant
La pose d’un implant dentaire suppose un volume osseux suffisant pour l’accueillir et le stabiliser durablement. Lorsque cet os fait défaut, il doit être reconstruit avant d’envisager l’implant.
La greffe osseuse autogène consiste à prélever une petite quantité de l’os du patient pour reconstituer le volume manquant. C’est une technique de référence en chirurgie pré-implantaire, reconnue pour ses qualités biologiques.
Le Dr Laurent Venet, chirurgien-dentiste à Lyon dont l’exercice est orienté vers la parodontologie et l’implantologie, est responsable du Diplôme Universitaire de Parodontologie et Implantologie Orale (DUPIO) de Lyon. Il vous explique en quoi consiste cette intervention, dans quels cas elle est indiquée et comment elle se déroule.
La résorption osseuse, un phénomène naturel après la perte d’une dent
Lorsqu’une dent est extraite ou perdue, l’os qui la soutenait n’est plus sollicité et se résorbe progressivement, en hauteur comme en épaisseur. Une maladie parodontale, un traumatisme, une infection ou le port prolongé d’une prothèse amovible peuvent accentuer cette perte.
Au fil du temps, la crête osseuse peut devenir trop fine ou trop basse pour ancrer un implant dans de bonnes conditions. Il faut alors reconstituer ce volume avant la pose, afin d’assurer la stabilité et la pérennité du futur implant.
La greffe autogène, une reconstruction à partir de votre propre os
La greffe osseuse autogène consiste à prélever l’os du patient sur un site donneur, puis à le transférer sur la zone à reconstruire. L’os ainsi prélevé est dit autogène, par opposition aux substituts d’origine animale ou synthétique.
Cet os est considéré comme le matériau de référence, car il réunit les trois qualités recherchées en reconstruction osseuse : il apporte des cellules vivantes capables de former de l’os, il sert de trame à la repousse osseuse et il stimule la formation d’un os nouveau. Il présente par ailleurs une parfaite compatibilité, puisqu’il provient du patient lui-même.
Les indications, des déficits osseux horizontaux et verticaux
La greffe autogène est privilégiée dans les déficits osseux importants, notamment lorsque la crête manque d’épaisseur (augmentation horizontale) ou de hauteur (augmentation verticale), situations dans lesquelles elle reste une technique de référence.
Le choix de la technique dépend de l’étendue et de la forme du défaut, évalués avant l’intervention grâce à un examen radiographique en trois dimensions (cone beam). Selon les cas, l’os peut être prélevé sous forme de fins copeaux d’os (os particulé) qui servent à combler le déficit, ou sous forme d’un petit bloc fixé sur la zone à reconstruire (greffe en bloc).
Les sites de prélèvement, privilégier la voie intra-orale
Le prélèvement est le plus souvent réalisé dans la bouche elle-même (site intra-oral), à proximité de la zone à traiter.
Les sites les plus courants sont l’angle de la mâchoire (région de l’angle mandibulaire) et le menton (région symphysaire).
Le Dr Venet privilégie les approches les moins invasives possibles. Les copeaux d’os peuvent être recueillis en douceur à l’aide d’un racleur dédié (de type SafeScraper), qui prélève l’os tout en préservant la vitalité des cellules, gage d’une meilleure intégration du greffon.

Ce choix présente un double intérêt. D’une part, il évite un second site opératoire à distance et limite les suites. D’autre part, les données scientifiques montrent que les implants posés après une greffe osseuse prélevée dans la bouche présentent des taux de survie élevés à long terme (Donkiewicz et al., 2021).
Le déroulement de l’intervention, étape par étape
L’intervention est réalisée au cabinet, sous anesthésie locale. Le Dr Venet établit au préalable un bilan complet et une planification précise à partir du cone beam.
Le geste consiste à prélever l’os sur le site donneur, à le mettre en forme, puis à le fixer ou à le mettre en place sur la zone à reconstruire. Une membrane peut être ajoutée pour protéger le greffon pendant la cicatrisation. La zone est ensuite refermée par des sutures.
Une période de cicatrisation de plusieurs mois, le plus souvent autour de quatre à six mois à titre indicatif, permet au greffon de s’intégrer et à un os solide de se former avant la pose de l’implant. Cette intégration progressive s’accompagne d’une résorption partielle du greffon, anticipée dans la planification.
Les suites opératoires et la cicatrisation
Les suites sont le plus souvent modérées et comparables à celles d’une chirurgie dentaire courante : un œdème et une gêne possibles les premiers jours, maîtrisés par un traitement adapté. Le prélèvement intra-oral peut s’accompagner d’une sensibilité passagère au niveau du site donneur.
Le Dr Venet vous remet des consignes post-opératoires précises (hygiène, alimentation, activité) et assure un suivi jusqu’à la cicatrisation complète, puis jusqu’à la pose de l’implant.
Un manque de volume osseux compromet votre projet d’implant ? L’os peut être reconstruit avec vos propres tissus.
Confiez votre bilan implantaire au Dr Laurent Venet, responsable du DUPIO de Lyon.
Prenez rendez-vous à son cabinet pour évaluer la faisabilité de votre traitement.
Bibliographie
- Donkiewicz P, Benz K, Kloss-Brandstätter A, Jackowski J. Survival rates of dental implants in autogenous and allogeneic bone blocks: a systematic review. Medicina (Kaunas). 2021;57(12):1388. DOI : 10.3390/medicina57121388
- Naenni N, Lim HC, Papageorgiou SN, Hämmerle CHF. Efficacy of lateral bone augmentation prior to implant placement: a systematic review and meta-analysis. J Clin Periodontol. 2019;46(Suppl 21):287-306. DOI : 10.1111/jcpe.13052
- Pang KM, Shin Y, Park JY, Kim B, Kim SM, Lee JH. Long-term outcomes of implants placed in autogenous onlay bone grafts harvested from mandibular ramus and risk analysis. Int J Oral Maxillofac Implants. 2021;36(4):745-754. DOI : 10.11607/jomi.8602
Questions fréquentes sur la greffe osseuse autogène
La greffe osseuse autogène est-elle douloureuse ?
L’intervention est réalisée sous anesthésie locale, elle est donc indolore. Les suites se limitent généralement à un œdème et une gêne passagère les premiers jours, soulagés par les médicaments prescrits. Une sensibilité temporaire au niveau du site de prélèvement est possible.
Combien de temps faut-il attendre avant la pose de l’implant ?
Un délai de cicatrisation de plusieurs mois, le plus souvent de quatre à six mois, est généralement respecté. Il permet au greffon de s’intégrer et à un os de qualité de se former avant l’ancrage de l’implant.
Pourquoi utiliser mon propre os plutôt qu’un substitut ?
L’os autogène réunit l’ensemble des qualités biologiques recherchées en reconstruction osseuse et offre une compatibilité parfaite, puisqu’il provient de vous. Il reste une référence dans les déficits importants. D’autres matériaux existent et peuvent être indiqués selon la situation, ce qui est discuté avec vous lors de la planification.
Où l’os est-il prélevé ?
Le plus souvent dans la bouche elle-même, près de la zone à traiter, au niveau de l’angle de la mâchoire ou du menton. Ce prélèvement intra-oral évite un site opératoire à distance et limite les suites.
La greffe comporte-t-elle des risques ?
Comme toute intervention, elle comporte des risques, mais ceux-ci restent limités entre des mains expérimentées. Une planification rigoureuse à partir du cone beam et un suivi attentif contribuent à les prévenir.
Tous les patients peuvent-ils en bénéficier ?
La greffe autogène s’adresse aux patients manquant de volume osseux pour recevoir un implant. Certains facteurs, comme un tabagisme important ou une hygiène insuffisante, sont pris en compte dans l’évaluation et peuvent nécessiter une prise en charge préalable.